Infection nosocomiale au CHU de Poitiers : amputée, une Poitevine réclame plus de 3 millions d’euros d’indemnisation
Une habitante de Poitiers, aujourd’hui âgée de 44 ans, demande plus de 3,2 millions d’euros d’indemnisation après l’amputation d’une jambe intervenue en décembre 2020. En cause, deux infections...

Une habitante de Poitiers, aujourd’hui âgée de 44 ans, demande plus de 3,2 millions d’euros d’indemnisation après l’amputation d’une jambe intervenue en décembre 2020. En cause, deux infections nosocomiales contractées lors de prises en charge au CHU de Poitiers, selon son avocat et une expertise médicale.
Selon Actu.fr, l’affaire a été examinée ce mardi 17 février devant le tribunal administratif de Poitiers. Le rapporteur public a estimé que le centre hospitalier avait commis un « manquement à l’origine d’une perte de chance ».
Une première fracture en 2016, puis un staphylocoque doré
Les faits remontent à 2016. Cette ancienne assistante maternelle est victime d’une fracture de la cheville et soignée à l’hôpital de Poitiers. Son conseil affirme que c’est lors de cette hospitalisation qu’elle contracte une première infection nosocomiale, une version confirmée par l’expertise médicale.
Fin 2017, une nouvelle fracture survient. Le 20 avril 2018, le CHU de Poitiers diagnostique une seconde infection nosocomiale, cette fois liée à un staphylocoque doré. L’état de santé de la patiente se dégrade progressivement jusqu’à l’amputation d’une jambe, prononcée à la fin du mois de décembre 2020.
« Il y a eu une faute du CHU »
À l’issue de l’audience, l’avocat de la plaignante, Me François Gaborit, s’est félicité de la position du rapporteur public : « reconnaisse qu’il y a bien eu une infection, et donc qu’il y a eu une faute du CHU. »
Le rapporteur public a proposé une indemnisation d’un peu plus d’un million d’euros. Cette somme serait versée par l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (ONIAM). En cas d’infection nosocomiale entraînant un taux d’incapacité permanente partielle supérieur à 25 %, comme dans le cas d’une amputation, l’indemnisation relève de la solidarité nationale.
Une demande de provision pour financer des prothèses
Passionnée d’équitation, la plaignante estime avoir besoin d’une prothèse adaptée à la pratique sportive. « Devant le tribunal, j’ai pu préciser que ma cliente avait fait une demande de provision, car on sait que le handicap génère de très gros frais. Elle avait besoin d’argent pour acheter des prothèses à des prix extrêmement chères », a indiqué Me François Gaborit.
L’avocat précise également que « Ma cliente attendait surtout une reconnaissance, mais aussi le début d’une reconstruction et d’une indemnisation permettant à la victime de pouvoir vivre convenablement et de pallier son handicap. »
Le jugement du tribunal administratif de Poitiers est attendu le 5 mars prochain.


