Début du procès d’un Soudanais pour triple meurtre à Angers
Le procès d’un ex-réfugié politique soudanais, accusé d’un triple meurtre commis en juillet 2022 à Angers, a débuté vendredi devant la cour d’assises du Maine-et-Loire, cinq mois...

Le procès d’un ex-réfugié politique soudanais, accusé d’un triple meurtre commis en juillet 2022 à Angers, a débuté vendredi devant la cour d’assises du Maine-et-Loire, cinq mois après un premier procès avorté.
Al Khawad Al Zine Sulaymane, cheveux ras et visage fermé, n’a pas décroisé les bras en déclinant son identité, juste avant la constitution du jury.
Assisté d’un interprète, il comparaît pour avoir tué à l’arme blanche trois hommes âgés de 16, 18 et 20 ans avec lesquels il avait eu une altercation quelques instants plus tôt.
Plusieurs garçons prennent la défense des filles et une bagarre éclate, suscitant l’intervention de pompiers et policiers, sans interpellation.
Après le départ des secours, l’homme quitte les lieux en voiture et, environ une heure plus tard, revient avec un couteau de 20 cm dissimulé.
Il tue alors trois jeunes hommes qui avaient été mêlés plus tôt à l’altercation et en blesse trois, selon l’accusation.
Un premier procès a eu lieu en octobre mais avait été renvoyé: le président avait fait parvenir aux parties un document faisant mention par erreur d’une condamnation à perpétuité de l’accusé, à la veille du verdict.
M. Al Zine Sulaymane, qui a deux mentions à son casier judiciaire pour conduite et violence en état d’ivresse, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
La peine retenue pourra dépendre de la prise en compte par les jurés de l’expertise psychiatrique de M. Al Zine Sulaymane, 36 ans, qui dit avoir traversé la Libye et l’Italie et avoir échappé à plusieurs attaques terroristes pour arriver en France en 2016.
Deux médecins ont en effet décelé chez lui un état de stress post-traumatique complexe d’intensité sévère, lié à des traumatismes graves, répétés, survenus dès l’enfance.
Son trouble, accentué par la prise d’alcool le soir du drame, a entraîné une altération de son discernement, selon les experts.
Le statut de réfugié, que l’accusé avait obtenu en avril 2018 avec une carte de séjour valable dix ans, lui a été retiré sept mois après les faits.
Le procès doit se tenir jusqu’au 20 mars.


