Budget 2026 du Maine-et-Loire : un cap prudent confirmé avant le débat en séance

Demain mercredi, les élus du Maine-et-Loire se réuniront en séance plénière pour examiner le budget primitif 2026. Un exercice scruté de près dans un contexte financier incertain, où la majorité départementale entend conjuguer rigueur et action.
À la veille du débat, la présidente Florence Dabin et le premier vice-président en charge des finances, Philippe Chalopin, ont détaillé les grandes lignes d’un budget marqué par la prudence… mais aussi une volonté d’investir.
Une gestion maîtrisée et plus sereine
Avec 854 millions d’euros, le budget 2026 repose sur une hausse limitée des dépenses de fonctionnement (+0,8 %), afin de préserver des marges pour l’investissement.
« Je suis un peu plus serein qu’en 2025 », confie Philippe Chalopin, tout en rappelant les trois piliers de la construction budgétaire : une dette stabilisée, une épargne suffisante pour la rembourser et une capacité de désendettement maîtrisée.
La dette reste ainsi contenue à 287 millions d’euros, avec une capacité de désendettement estimée à 7,6 ans, sous le seuil de vigilance fixé par la collectivité.
Une situation financière solide mais sous surveillance
Le Département affiche une capacité d’autofinancement qui lui permet de couvrir les 34 millions d’euros de remboursement annuel de la dette, avec un résultat 2025 supérieur à 38 millions d’euros.
Autre motif de satisfaction : la fin de « l’effet ciseaux », cette dynamique où les dépenses augmentaient plus vite que les recettes. Pour 2026, la tendance s’inverse légèrement.
Mais la vigilance reste de mise, notamment sur les recettes. Les droits de mutation (DMTO), attendus à 135 millions d’euros, demeurent une ressource sensible. « C’est aujourd’hui une variable d’ajustement à la hausse, mais cela pourrait évoluer », prévient le vice-président.
Même prudence sur la TVA, principale ressource du Département, estimée à environ 250 millions d’euros.
98 millions d’euros d’investissements pour préparer l’avenir
Malgré ce contexte, la collectivité maintient un niveau d’investissement élevé, à hauteur de 98 millions d’euros. Un levier jugé essentiel pour soutenir l’économie locale et améliorer le quotidien des habitants.
Parmi les projets emblématiques figure la construction du futur collège de Beaupréau-en-Mauges, le 51e établissement du département, très attendu sur ce territoire en croissance.
D’autres opérations concernent les établissements existants, comme la rénovation du collège Jean-Lurçat à Angers, ou encore d’importants travaux au collège Joachim-du-Bellay à Cholet. Au total, près de 18,7 millions d’euros sont consacrés aux collèges, entre constructions, réhabilitations et entretien courant sur l’ensemble du territoire.
Routes, communes et cadre de vie
Les infrastructures routières constituent un autre axe majeur, avec 21 millions d’euros prévus. Une partie de cette enveloppe est dédiée aux conséquences des crues récentes, notamment pour réparer et sécuriser les axes départementaux.
Le Département poursuit également son soutien aux communes, à hauteur de 5,6 millions d’euros. Ces aides permettent de financer des projets de proximité comme des maisons de santé, des équipements sportifs ou encore des aménagements locaux.
Solidarités et proximité renforcées
Au-delà des infrastructures, le budget 2026 met l’accent sur les solidarités. La transformation des maisons des solidarités en « maisons du Département » se poursuit, avec huit sites opérationnels attendus en 2026.
Objectif : rapprocher les services publics des habitants et faciliter l’accès aux droits, qu’il s’agisse d’accompagnement social, de handicap, de parentalité ou de logement.
Parmi les projets figure également la création d’un lieu d’accueil pour les enfants les plus en difficulté, dans un contexte de hausse des signalements de violences intrafamiliales.
Un cap politique assumé
Pour Florence Dabin, ce budget s’inscrit dans une logique claire : « protéger au quotidien et prévenir pour demain ».
Une ligne partagée par Philippe Chalopin, qui insiste sur la nécessité de « garder le cap » dans un environnement encore incertain.


