Construction : le Maine-et-Loire enregistre sa plus forte chute depuis quinze ans

Avec seulement 2 225 logements mis en chantier en 2025, le Maine-et-Loire connaît un coup d’arrêt brutal de la construction neuve. Un recul de 38 % en un an qui place le département parmi les territoires les plus touchés de France, selon les derniers chiffres publiés par l’ADIL 49.
Après plusieurs années de dynamisme, le marché de la construction neuve marque nettement le pas. Dans sa dernière note de l’Observatoire de l’habitat, publiée en juin 2026, l’ADIL 49 dresse un constat sans appel : la production de logements en Maine-et-Loire a atteint en 2025 son niveau le plus faible depuis quinze ans.
Au total, 2 225 logements ont été mis en chantier l’an dernier, contre 3 590 en 2024. La baisse atteint ainsi 38 %, soit 1 365 logements de moins en seulement douze mois. Une chute bien plus marquée que celle observée à l’échelle nationale ou régionale, où le recul s’établit autour de 8 %.
Angers concentre l’essentiel du recul
Le phénomène touche particulièrement les grandes agglomérations du département. À elle seule, Angers Loire Métropole représente près des trois quarts de la baisse enregistrée. Le territoire angevin a vu le nombre de logements commencés diminuer de 45 %, soit 1 046 logements de moins en un an.
Les autres pôles urbains suivent la même tendance. Saumur Val de Loire accuse une baisse de 65 %, tandis que Cholet Agglomération enregistre un recul de 44 %.
À l’inverse, quelques secteurs plus ruraux résistent mieux. C’est notamment le cas de Baugeois-Vallée, où l’activité progresse légèrement de 3 %.
Un territoire toujours attractif
Malgré cette année noire pour le secteur, l’ADIL 49 souligne que le Maine-et-Loire conserve une dynamique de fond favorable. Sur les trois dernières années, le département affiche un taux de construction de 2,2 %, bien supérieur à la moyenne nationale de 1,5 %.
Ce résultat lui permet de se classer au huitième rang des départements français pour la construction de logements rapportée au parc existant. Angers Loire Métropole présente même un taux de 3,3 %, supérieur à celui de plusieurs métropoles voisines.
Pour l’organisme, cette performance traduit une attractivité toujours forte du territoire, portée notamment par la façade atlantique. La baisse observée en 2025 pourrait toutefois fragiliser la capacité du département à répondre aux besoins futurs en logements.
Les appartements davantage touchés que les maisons
Tous les types de logements sont concernés par le ralentissement, mais les appartements sont les plus affectés. Leur nombre chute de 48 %, passant de 1 864 à 971 logements commencés.
La construction de maisons individuelles recule également, mais dans une moindre mesure (-19 %), avec 1 018 logements lancés en 2025 contre 1 252 un an plus tôt. Les résidences spécialisées enregistrent quant à elles une baisse de 50 %.
Sur le long terme, la part de la maison individuelle continue toutefois de diminuer. Elle représentait près de 59 % des constructions entre 2016 et 2020, contre 46 % sur la période 2021-2025. Les appartements gagnent progressivement du terrain, même si leur production a fortement ralenti l’an dernier.
Les primo-accédants de plus en plus exclus
Pour expliquer cette situation, l’ADIL 49 met en avant plusieurs facteurs. La hausse des coûts de construction, l’augmentation rapide des taux d’intérêt et la réduction de la capacité d’emprunt des ménages ont fortement pénalisé les candidats à l’accession à la propriété.
L’organisme rappelle qu’entre 2021 et 2024, la remontée des taux immobiliers a entraîné une perte d’environ 30 % de capacité d’emprunt à effort financier constant. À cela s’est ajouté le recentrage du prêt à taux zéro sur le logement collectif neuf depuis avril 2024.
Selon l’ADIL 49, de nombreux primo-accédants ont ainsi dû abandonner leur projet de construction, se tourner vers l’ancien ou reporter leur achat.
Un signal encourageant pour les années à venir
Malgré la chute des mises en chantier, un indicateur offre une perspective plus favorable. Les permis de construire repartent à la hausse. En 2025, 3 721 logements ont été autorisés, soit une progression de 4 % par rapport à l’année précédente.
Pour l’ADIL 49, cette évolution pourrait annoncer un redémarrage progressif de l’activité dans les prochaines années, même si le secteur reste confronté à de nombreuses incertitudes.


