Angers

Violences conjugales : le CHU d’Angers et les CH de Cholet et Saumur signent une convention avec la Justice pour l’accueil et la prise en charge des victimes

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Crédit Catherine Jouannet – De gauche à droite, au premier plan : Alexandra Verron, procureur de la République à Saumur ; Pierre Ory, préfet de Maine-et-Loire ; . Cécile Jaglin-Grimonprez, Directrice générale du CHU d’Angers ; Eric
Bouillard, procureur de la République à Angers ; Claire Pogu, directrice France victimes 49 et au
second plan : Lieutenant-colonel Stéphane Pous, commandant en second du groupement de
gendarmerie départementale et Jean Hayet, directeur départemental de la sécurité publique lors de la signature de la convention

Le préfet de Maine-et-Loire, les procureurs de la République, le CHU d’Angers, les CH de Cholet et de Saumur, l’association France Victimes, la police et la gendarmerie renforcent leur collaboration, afin d’améliorer la protection des victimes de violences conjugales en instaurant un accueil et une prise en charge judiciaires au sein des établissements hospitaliers du département.

En raison de l’observation d’un grand nombre de victimes ne voulant pas lancer de procédures judiciaires contre l’auteur des violences ainsi qu’une augmentation de 57% des actes de violences déclarées au Parquet depuis 2019, une convention liant les hôpitaux d’Angers, Saumur et Cholet et la Justice a été signée ce lundi 20 juin.

Elle a pour objectif d’accueillir et accompagner ces personnes en danger dans une démarche judiciaire. En résumé, cela permet le recueil des déclarations de victimes de violences conjugales au sein même des locaux hospitaliers si les victimes ne sont pas en mesures de se déplacer. Par ailleurs, si la victime ne nécessite pas une hospitalisation supérieure à 24h, il lui sera proposé d’être orientée vers la permanence d’aide aux victimes de l’association France Victimes 49, mais également vers un commissariat de police ou une gendarmerie pour déposer plainte.

Les forces de l’ordre formées

Dans le cadre de ce dispositif, 475 personnels de gendarmerie ont été formés dans l’accueil et la prises en charge de victimes de ce genre de violences ces dernières années. « Selon les études, les personnes le plus en danger sont celles qui restent plus dans le secret car souvent sous l’emprise ou contraintes de leur conjoint. Grâce à ce dispositif, on peut maintenant repérer les victimes plus facilement, en repérant les lésions physiques et psychologiques, et de ce fait leur éviter de raconter les faits plusieurs fois et réveiller les traumatismes », affirme Alexandra Verron, Procureure de la République de Saumur.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes.

Une augmentation de 15% de cas a été observée dans le Maine-et-Loire entre 2020 et 2021.« En ces temps de sortie de confinement et de libération de la parole, les violences conjugales et intrafamiliales restent un vrai fléau de notre société », assure Pierre Ory, préfet du Maine-et-Loire. « Les déclarations de ce type de violences représentent 10% des appels reçus en gendarmerie, 1601 faits de violences conjugales ont été recensés en 2021 contre 1494 l’année précédente et un tiers des personnes incarcérées dans la maison d’arrêt d’Angers le sont pour cause de violences conjugales », ajoute-t-il.

Si le dispositif tient ses promesses, lorsqu’une victime se rend au CHU pour de telles raisons, l’auteurs des actes devrait être mis hors d’état de nuire à sa victime dans la journée même. L’objectif principal de cette mesure est de ne jamais laisser une victime seule. Il est également prévu d’étendre ces dispositions aux départements de la Sarthe te la Mayenne dans les prochaines années, avec l’aide de l’ARS (Agence Régionale de Santé)