Violences du 17 octobre à Angers : les premières condamnations à de la prison tombent au tribunal
Le tribunal judiciaire d’Angers a jugé ce mercredi 21 octobre deux jeunes hommes en comparution immédiate, après les violences et dégradations survenues en marge de la manifestation du 17 octobre à Angers. L’un a été condamné à deux ans de prison ferme pour son implication dans les dégradations du commissariat de la Roseraie et une tentative d’incendie. Le second, étudiant en école d’ingénieurs, était poursuivi pour avoir notamment renvoyé des grenades lacrymogènes vers les policiers.

Les premières condamnations tombent au tribunal judiciaire d’Angers après les scènes de violences et de pillages qui ont marqué le centre-ville le samedi 17 octobre. Ce mercredi, deux jeunes hommes aux profils radicalement différents ont comparu devant la juridiction dans le cadre de procédures de comparution immédiate.
Le premier, Christophe Stan, âgé de 19 ans, a été condamné à deux ans de prison ferme, avec maintien en détention. Il était poursuivi notamment pour complicité de dégradation du bien d’autrui par un moyen dangereux, en lien avec les dégradations commises contre le commissariat du quartier de la Roseraie et une tentative d’incendie.
Le jeune homme a également été reconnu coupable du refus de remettre aux autorités judiciaires son téléphone portable. En revanche, il a été relaxé du chef de participation sans arme à un attroupement après sommation.
Interpellé avec un jerricane d’essence à la main
Déjà condamné à plusieurs reprises, notamment en septembre 2025 à huit mois d’emprisonnement avec sursis pour association de malfaiteurs, Christophe Stan présentait pourtant certains signes d’insertion. Célibataire, sans enfant, il vit chez sa mère et possède un brevet des collèges. Il travaillait dans le secteur du BTP, au sein notamment d’une société spécialisée dans l’installation de matériel de sécurité incendie, pour un salaire d’environ 2 000 euros par mois.
Le procureur de la République avait requis trois ans d’emprisonnement ferme pour cette homme qui a été arrêté avec un jerricane d’essence à la main. Après délibération, le tribunal l’a finalement condamné à deux ans de prison ferme, avec maintien en détention, ainsi qu’à la révocation de son précédent sursis. Une interdiction de manifester pendant trois ans a également été prononcée, de même que la confiscation de son téléphone portable.
Un étudiant en école d’ingénieurs jugé
Le second dossier présenté ce mercredi offre un contraste saisissant. Le prévenu est étudiant dans une école d’ingénieurs à Angers, après avoir effectué une année de médecine. Il ne présente aucun antécédent judiciaire et réside dans un appartement étudiant, avant de rentrer le week-end chez ses parents, à Saumur.
Le 17 octobre, il a été interpellé aux abords de la gare d’Angers, rue du Haras. Selon les faits qui lui sont reprochés, il aurait renvoyé à sept reprises des grenades lacrymogènes en direction des policiers, tout en leur adressant des doigts d’honneur. Il lui était également reproché d’avoir participé à la mise en place de barrières pour former un barrage et de s’être impliqué dans un attroupement.
À la barre, le jeune homme a exprimé ses regrets. « Je n’aurais jamais dû renvoyer ces lacrymogènes. Je n’ai pas pris conscience de ce que j’avais fait », a-t-il expliqué. Il affirme avoir été pris dans l’adrénaline du moment et dit avoir voulu, au départ, porter secours. « Dans l’adrénaline, j’ai fait ces doigts d’honneur que je n’aurais pas dû faire », a-t-il reconnu.
Un élément a particulièrement retenu l’attention de la partie civile, qui représentait un policier : le projet du prévenu d’intégrer la gendarmerie en tant que réserviste.
Sans casier judiciaire, poursuivant des études exigeantes et présentant un profil décrit comme relativement ordinaire pour un jeune de son âge, il détonne par rapport aux faits qui lui sont reprochés. Son parcours a ainsi contrasté avec les comportements décrits à l’audience.
Le jeune étudiant a finalement été reconnu coupable et condamné à deux ans de prison dont 8 mois ferme. Sa peine pourra être aménageable sous la forme d’un bracelet électronique.
Ces deux affaires illustrent la diversité des profils poursuivis après les événements du 17 octobre à Angers. Alors que certains prévenus ont déjà été condamnés par la justice, d’autres sont des jeunes sans antécédent judiciaire, dont le comportement lors des affrontements contraste avec leur parcours personnel et scolaire.
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