Angers
« Ces condamnations seraient une première en France » : trois agriculteurs devant la justice et une mobilisation de soutien à Angers

Trois agriculteurs ont comparu hier, le jeudi 8 janvier 2026, devant le tribunal correctionnel d’Angers pour entrave à la circulation lors du blocage de l’A11 en janvier 2024. Dans le même temps, plusieurs dizaines d’agriculteurs se sont réunis devant le palais de justice d’Angers pour leur apporter leur soutien.
Ils étaient un peu moins d’une centaine réunis hier devant le palais de justice d’Angers. Une mobilisation lancée par la FDSEA 49, les Jeunes Agriculteurs 49 et les Entrepreneurs des Territoires des Pays de la Loire pour soutenir l’agriculteur et les deux entrepreneurs qui comparaissaient devant le tribunal correctionnel d’Angers. Il leur est reproché des faits « d’entrave à la circulation » entre le 29 janvier et le 2 février 2024. Plusieurs dizaines d’agriculteurs s’étaient à l’époque rendus sur l’A11 à hauteur de Durtal, Baugé et Marcé, et avaient bloqué la circulation. Une action qui n’était pas isolée, elle trouve écho dans une mobilisation nationale qui avait notamment vu huit autoroutes parisiennes rendu partiellement inaccessibles. « Le blocage du pays était devenu la seule option. La médiation ne marchait plus, il fallait défendre le mouvement agricole. » insiste Anthony Menard, secrétaire général de la FDSEA 49.
Une plainte déposée malgré l’autorisation
« Ce qui est le plus dérangeant pour nous, c’est que nous avions tout déclaré » explique-t-il « Vous ne faites pas venir des tracteurs sur l’autoroute du jour au lendemain ». Cette mobilisation sur l’A11 s’était faite en accord avec la préfecture, les gendarmes et ASF. Malgré cela et face aux quatre jours de blocage, Vinci Autoroute décide à la fin de l’action de porter plainte. « Nous n’avons pas vraiment compris à ce moment-là. » ajoute Anthony Menard, « tout le monde était satisfait et il n’y a eu aucun débordement ».
Une potentielle première en France
Les trois agriculteurs avaient alors été condamnés par une ordonnance pénale à 200€ d’amende, mais ces derniers la refusent. Pour eux, rien ne légitime une condamnation et la tenue de cette comparution était aussi l’occasion de rappeler qu’aucun agriculteur français n’avait déjà été condamné uniquement pour ces faits. « Ce serait une première en France, surtout que ce n’est qu’à Angers que des gens sont poursuivis pour ces mobilisations » complète le secrétaire général de la FDSEA 49. Les prévenus avaient soit participé, soit organisé cette action, et c’est aussi de là que l’incompréhension est née. « C’était une mobilisation nationale, ils ne sont pas les seuls à avoir bloqué des autoroutes, alors pourquoi eux ? Pourquoi ne pas avoir jugé des responsables à plus grande échelle ? » se questionne Anthony Menard, « Pour l’instant nous n’avons aucune réponse. ». Le verdict sera rendu le 12 février après le délibéré du tribunal.
Une comparution qui arrive dans un climat national très tendu. Au même moment, plusieurs centaines d’agriculteurs se rendaient à Paris pour dénoncer l’accord avec le Mercosur. « Nous envisageons de nous remobiliser sur le même sujet ce week-end » suggère Anthony Menard « Il nous reste un infime espoir, il y a encore des possibilités juridiques de contrer cet accord du Mercosur ».
