Maine-et-Loire : L214 dénonce les conditions d’élevage de dindes destinées à Carrefour à Sèvremoine

L’association de défense animale L214 a diffusé ce mercredi une nouvelle enquête filmée dans un élevage intensif de dindes situé à Sèvremoine, dans le Maine-et-Loire. Les images, tournées en avril 2026 selon l’association, montrent des conditions d’élevage que L214 qualifie « d’extrêmes » au sein d’un site travaillant avec la filiale volailles de la coopérative Terrena et fournissant notamment l’enseigne Carrefour.
Des images d’animaux blessés et de bâtiments saturés
Dans son communiqué, L214 affirme que les dindes et dindons sont élevés pendant 126 jours dans deux bâtiments fermés de 1 800 m², sans accès extérieur. Les images diffusées montrent des oiseaux blessés, déplumés ou morts au milieu des animaux vivants, dans une litière souillée par les déjections.
L’association évoque également des conditions d’éclairage artificiel permanent à partir de 80 jours d’élevage, ainsi que le recours à l’épointage du bec, une pratique autorisée mais controversée consistant à couper une partie du bec des volailles afin de limiter les comportements agressifs liés à la promiscuité.
Selon L214, l’élevage produit aussi des pintades et des poulets commercialisés sous différentes marques, dont Carrefour Sensation Halal et Douce France. La viande des dindes concernées serait vendue sous la marque Simpl de Carrefour.
Des accusations lors du chargement vers l’abattoir
L’association dénonce également les conditions de ramassage des animaux avant leur départ vers l’abattoir. Les images montrent des volailles manipulées brutalement et chargées dans des cages que L214 estime non conformes à la réglementation, les oiseaux ne pouvant pas s’y tenir debout.
Le communiqué affirme aussi que deux dindes auraient été égorgées sur place « en dehors de tout cadre réglementaire ».
À la suite de cette enquête, L214 annonce avoir déposé plainte pour « sévices graves et mauvais traitements » contre le site, Terrena et Carrefour auprès du procureur du tribunal judiciaire d’Angers.
Carrefour ciblé par une campagne nationale
Au-delà de cette exploitation, l’association entend interpeller Carrefour sur sa politique d’approvisionnement. L214 appelle l’enseigne à rejoindre le « Plant Protein Pact », une initiative visant à réduire la place des produits issus de l’élevage intensif et à développer les alternatives végétales d’ici 2030.
Dans le communiqué, Ambre Bernard, chargée de campagnes agroalimentaires pour L214, accuse l’enseigne de contradiction entre sa communication sur le bien-être animal et ses pratiques d’approvisionnement. L’association affirme par ailleurs que plus de 125 000 personnes ont signé une pétition demandant à Carrefour de réduire le nombre d’animaux abattus pour l’alimentation.


