À Angers, la gendarmerie modernise sa « tour de contrôle » des appels d’urgence

Dans les couloirs fraîchement rénovés de la caserne Bouthet du Rivault, à Angers, les téléphones continuent de sonner sans relâche. Derrière les écrans et les claviers, les opérateurs du centre des opérations de la gendarmerie de Maine-et-Loire gardent les yeux rivés sur les interventions en cours. Ce mercredi 20 mai 2026, élus, représentants de l’État et responsables militaires ont inauguré officiellement ce centre né d’un vaste chantier de modernisation engagé il y a plusieurs mois.
Autour du général de division Le Gentil et du préfet Philippe Pesneau, les invités ont découvert un espace entièrement repensé pour répondre à une réalité : les sollicitations adressées à la gendarmerie sont toujours plus nombreuses.
Un centre névralgique pour le département
Peu connu du grand public, le centre opérationnel et de renseignement de la gendarmerie constitue pourtant le cœur battant des interventions sur une grande partie du territoire. Dix-sept gendarmes s’y relaient jour et nuit, sept jours sur sept, afin de répondre aux appels d’urgence et coordonner les patrouilles.
« Le centre d’opérations constitue la tour de contrôle du groupement. Il est un outil au service d’une mission exigeante : la sécurité de tous », a rappelé la colonelle Virginie Giudici lors de son discours inaugural.
Depuis cette salle, les militaires pilotent l’engagement des brigades territoriales, des pelotons d’intervention, des enquêteurs ou encore des techniciens de l’identification criminelle. Ils assurent également la liaison permanente avec les autres services d’urgence, comme les pompiers, le SAMU ou la police nationale.
En 2025, plus de 104 000 sollicitations ont été enregistrées par les opérateurs du « 17 », débouchant sur près de 23 600 interventions. Plus d’un tiers d’entre elles ont eu lieu de nuit.
Des locaux devenus inadaptés
La rénovation était attendue depuis plusieurs années. Les anciens locaux, construits au début des années 1990, ne répondaient plus aux besoins opérationnels.
Pendant les travaux, engagés à l’automne 2025, les gendarmes ont dû poursuivre leur activité dans des conditions parfois compliquées. « Ils étaient jusqu’à cinq dans 25 m² pour réceptionner les appels », a souligné la colonelle Virginie Giudici. Les équipes n’ont quitté le département que durant 48 heures, le temps de basculer temporairement les appels vers le centre opérationnel de la Mayenne afin de raccorder les nouvelles lignes téléphoniques.
Après cinq mois de chantier, les lieux ont profondément changé. Un vaste plateau d’appels a été créé, accompagné d’une salle dédiée à la gestion de crise. Des espaces de repos et de vie ont également été aménagés pour les personnels travaillant de nuit.
Une gendarmerie plus numérique
La modernisation passe aussi par les équipements. Le nouveau centre dispose désormais d’un mur d’images composé de quatre écrans géants permettant d’afficher instantanément cartes, interventions, vidéosurveillance ou informations opérationnelles.
« La plus-value est indéniable », a insisté la commandante du groupement. « Les militaires disposent désormais d’un environnement de travail plus confortable permettant une réduction de la fatigue. »
Au-delà du confort, la gendarmerie veut surtout gagner en efficacité dans la gestion des situations de crise. Les nouveaux outils doivent permettre au commandement de suivre en temps réel les événements majeurs et d’engager rapidement des moyens supplémentaires si nécessaire.
« L’immobilier est notre système d’arme »
Cette restructuration illustre aussi l’évolution des missions de la gendarmerie, confrontée à une hausse constante des sollicitations et à des crises de plus en plus complexes.
Pour la colonelle Virginie Giudici, ces investissements sont devenus indispensables : « L’immobilier n’est pas qu’un outil : il est notre système d’arme, le socle qui garantit l’efficacité de notre action quotidienne. »
Derrière les murs rénovés et les écrans flambant neufs, la mission reste pourtant la même : répondre, à toute heure, aux appels d’urgence des habitants du Maine-et-Loire.


