De la Sarthe à Shanghai, le boulanger Antoine Nivault portera les couleurs de la France aux WorldSkills 2026
À tout juste 20 ans, Antoine Nivault s’apprête à vivre une aventure hors norme. Cet apprenti boulanger formé au Mans a décroché son billet pour représenter la France lors de la finale mondiale des WorldSkills, les véritables Jeux olympiques des métiers, qui se tiendra en septembre prochain en Chine

Une ascension fulgurante née d’un déclic
Rien ne prédestinait ce jeune Normand d’origine, installé dans la Sarthe, à atteindre les sommets de l’élite artisanale. Réfractaire au système scolaire classique et à la filière générale, il s’oriente vers un CAP Boulangerie après un stage de troisième révélateur. Enchaînant avec un Brevet professionnel, c’est finalement durant son Brevet de maîtrise que la passion pour la haute technicité se révèle.
Poussé par son formateur Adrien Bazoge, qui décèle son potentiel malgré un niveau initial qu’Antoine jugeait lui-même “en dessous des autres”, le jeune artisan se lance dans les sélections des WorldSkills en 2024. La suite ressemble à un conte de fées : après avoir gravi les échelons départementaux et régionaux, il décroche la médaille d’or nationale à Marseille, bluffant ses propres camarades de classe et s’offrant l’unique place de titulaire pour l’échéance internationale.
La préparation militaire d’un athlète de haut niveau
Selon France 3 Pays de la Loire, pour maximiser ses chances à Shanghai, Antoine Nivault a mis sa vie professionnelle entre parenthèses afin de se dédier exclusivement à l’entraînement. Intégré à la délégation tricolore, forte de 38 compétiteurs, dont 5 issus de la région Pays de la Loire, il bénéficie d’un encadrement digne des plus grands sportifs : préparateurs mentaux, coachs physiques et traducteurs épaulent l’équipe au quotidien.
Son planning actuel est d’une rigueur absolue : « Du lundi au vendredi je m’entraîne. Quand j’aurai le sujet, ça sera 7 jours sur 7 ». La compétition exige une régularité chirurgicale, loin des standards d’un fournil quotidien : le poids, la fermentation et le façonnage de chaque viennoiserie ou baguette se mesurent au millimètre et au gramme près, à l’aide de règles pour garantir des formes strictement identiques.
Le défi asiatique en ligne de mire
Lors des finales nationales, Antoine avait déjà marqué les esprits et séduit le jury grâce à des créations audacieuses sur le thème de la culture chinoise, façonnant notamment une spectaculaire pièce artistique en pain représentant un dragon traditionnel et une lanterne, complétée par une viennoiserie crème citron-framboise.
Pour le titre mondial, la barre sera encore plus haute. Lucide sur le niveau de la compétition, le jeune Français garde les yeux rivés sur les candidats asiatiques, considérés comme les grands favoris de la discipline et dont il analyse régulièrement les réalisations sur les réseaux sociaux. Face à ce mur de précision, le Ligérien d’adoption s’appuie sur une philosophie simple et éprouvée : « Je pense que c’est mon travail qui paye » .


