Angers

Pour son mois du genre, l’Université d’Angers questionne les « corps empêchés »

Publié

le

Catherine Passirani, vice-présidente Égalité ; Chloé Langeard, directrice du service UA-Culture ; et David Niget, chargé de mission Égalité. (Crédit Angers Info)

Du 12 février au 16 mars, l’Université d’Angers et plusieurs partenaires locaux organisent le Mois du genre : des conférences, projections, spectacles… ouverts à toutes et à tous en lien avec les questions de genre. À l’approche des JO à Paris, l’édition 2024 questionnera la thématique des « Corps empêchés ? ».

Créé en 2017, le Mois du genre est à l’origine une manifestation imaginée par le programme de recherche GEDI (Genre et discriminations sexistes et homophobes) et la mission Égalité de l’Université d’Angers. En 2024, la huitième édition de cette manifestation doit être celle de la prolongation et de la structuration. Ainsi, une trentaine d’événements seront proposés durant un peu plus d’un mois, du 12 février au 16 mars. Ouverts à toutes et tous, et pour la plupart gratuits, ils doivent permettre les échanges entre le grand public, les scientifiques et des artistes.

L’égalité, une politique assumée de l’UA

Désormais portée par l’établissement, la manifestation rentre dans « la politique volontariste de l’UA en matière d’égalité », promeut l’établissement dans un communiqué. Le Mois du genre est le premier événement de ce type imaginé en France ; il a été depuis reproduit dans d’autres universités comme à la Sorbonne. L’Université d’Angers a également ouvert un master spécialisé dans les questions de genre depuis six ans, l’un des tous premiers existants. « C’est la politique de l’Université d’encourager ces initiatives », souligne Catherine Passirani, vice-présidente Égalité, un pôle d’ailleurs bien fourni dans l’établissement avec 28 « référents égalité », présents dans différentes composantes de l’UA et qui font partie d’une commission à l’égalité.

Ainsi, le Mois du genre et plus généralement le traitement de la question n’est pas « quelque chose qui soit à côté de la vie universitaire, des enseignements » dixit David Niget, chargé de mission Égalité. « C’est un travail tout au long de l’année », insiste Chloé Langeard, directrice du service UA-Culture. L’UA veut être une école inclusive et connectée aux travaux de recherche menés par ses laboratoires. D’après David Niget, il y a « six événements par an en moyenne » portés sur les missions d’égalité dans les universités. « Ici, 36 en un mois », ajoute-t-il. Le programme est riche pour ce Mois du genre.

« Corps empêchés ? »

Après l’intersexualité, ou encore l’écoféminisme en 2023, la thématique des « Corps empêchés ? » a été retenue pour l’édition 2024. Issu d’une réflexion sur la façon de conceptualiser le handicap, le thème vise à « se remettre en question par rapport à cette question du corps », explique David Niget. « L’égalité, c’est à la fois être tous pareils et tous différents », ajoute-t-il. D’une volonté de mêmes droits à la diversité et l’adaptabilité, le thème s’étend naturellement aux corps LGBT, racisés, féminins ou âgés, liste non exhaustive.

« Ces corps empêchés, c’est plus une construction sociale », affirme Chloé Langeard. Objectif affiché : en montrer différentes voies d’émancipation. « Nous voudrions nous interroger sur les mécanismes de cette violence et ainsi contribuer à redonner à ces corps une visibilité, une légitimité politique », explique David Niget.

Durant ce Mois du genre, une trentaine de rendez-vous sont au programme, à Angers et à Cholet : 13 conférences, 7 spectacles (théâtre, cirque…), 3 cinés-débats, 1 concert, 1 exposition, des ateliers… La majorité émane de l’UA et de partenaires de recherche comme la SFR Confluences, mais de nombreux autres partenaires notamment culturels se sont associés à l’événement : le Quai, le Chabada, le Collectif Lucioles ou les 400 Coups. Un programme qui se veut riche et varié pour toucher le maximum de personnes, en particulier celles indécises, peu informées sur le sujet. Pour leur apporter des connaissances. « Sans les endoctriner », conclut David Niget.

Continuer à lire
Cliquer pour commmenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

3 + 4 =