CHU d’Angers : le Plan Blanc déclenché face à la saturation des urgences et au manque de lits

Confronté à une activité exceptionnellement soutenue en plein cœur de l’été, le CHU d’Angers a activé ce jeudi 23 juillet son Plan Blanc de niveau 2. En cause, un nombre record de patients en attente d’hospitalisation après leur passage aux urgences. Pour desserrer l’étau, l’établissement ouvre une unité temporaire de dix lits et reporte plusieurs interventions chirurgicales non urgentes afin de libérer des capacités d’accueil.
En plein cœur de l’été, le CHU d’Angers fait face à une situation de forte tension. Alors que les services d’urgences enregistrent une fréquentation bien supérieure à celle habituellement observée à cette période de l’année, c’est surtout l’aval des urgences qui se retrouve aujourd’hui sous pression. Faute de lits disponibles dans les services de médecine, plusieurs dizaines de patients restent en attente d’une hospitalisation, conduisant la direction de l’établissement à déclencher son Plan Blanc de niveau 2.
Les urgences sous une pression inhabituelle
Mercredi 22 juillet, 173 patients ont franchi les portes des urgences angevines, un niveau particulièrement élevé pour une période estivale. Surtout, plus de 30 % des personnes prises en charge nécessitent une hospitalisation, accentuant les difficultés à trouver des lits disponibles.
Ce jeudi à 12 h 30, 31 patients attendaient encore un lit de médecine après leur passage aux urgences. À cela s’ajoutaient 12 patients en attente d’une prise en charge psychiatrique dans des établissements spécialisés partenaires.
Autre facteur de blocage : plus de 120 patients, dont l’état de santé ne nécessite plus une hospitalisation au CHU, attendent toujours une place en Ehpad ou en service de soins médicaux et de réadaptation (SMR). Autant de lits qui ne peuvent être libérés pour accueillir les nouveaux patients.
Dix lits supplémentaires pour désengorger l’hôpital
Réunie ce jeudi midi, la cellule de crise hospitalière a décidé d’activer le Plan Blanc de niveau 2, dispositif prévu pour faire face aux situations de tension exceptionnelle.
Première mesure concrète : l’ouverture d’une unité temporaire de dix lits, composée exclusivement de chambres individuelles et installée à proximité de la réanimation médicale. Cette unité restera ouverte jusqu’au 3 août, avec la possibilité d’être prolongée si la situation l’exige.
L’objectif est de fluidifier les hospitalisations et de réduire le temps d’attente des patients bloqués aux urgences faute de place dans les services.
Des opérations non urgentes reportées
Pour dégager rapidement des capacités d’accueil, le CHU va également déprogrammer certaines interventions chirurgicales entre le vendredi 24 et le lundi 27 juillet.
Seules les opérations jugées non urgentes et ne relevant pas de la cancérologie sont concernées. Les interventions en urgence, les prises en charge des patients atteints de cancer, l’activité ambulatoire ainsi que la pédiatrie sont maintenues.
Les déprogrammations seront décidées au cas par cas par les médecins hospitaliers. Les patients concernés seront directement contactés par leur service afin qu’une nouvelle date d’intervention leur soit proposée dans les prochains mois.
Le CHU rappelle qu’en l’absence d’appel de ses équipes, les patients doivent considérer que leur intervention est maintenue et ne pas renoncer d’eux-mêmes aux soins.
Une cellule de crise mobilisée chaque jour
La cellule de crise hospitalière se réunira désormais quotidiennement afin de suivre l’évolution de la situation et d’adapter les mesures si nécessaire. L’ouverture des dix lits supplémentaires pourra être prolongée ou, au contraire, levée si la pression sur les urgences diminue.
Cette nouvelle tension hospitalière intervient quelques semaines seulement après le déclenchement du Plan Blanc lors de l’épisode de canicule de juin. Cette fois, ce n’est pas un événement climatique qui est en cause, mais un afflux inhabituel de patients combiné à une saturation persistante des lits d’hospitalisation et aux difficultés d’orientation vers les structures d’aval.
Le CHU rappelle les bons réflexes
Afin de limiter l’engorgement des urgences, le CHU invite la population à adopter les bons réflexes :
- appeler le 15 en cas d’urgence vitale ou de doute sur la gravité de la situation ;
- consulter son médecin traitant ou son pharmacien pour un premier avis médical ;
- composer le 116 117 pour joindre un médecin de garde lorsque les cabinets sont fermés.
Les équipes hospitalières assurent rester pleinement mobilisées afin de garantir la continuité et la sécurité des prises en charge malgré cette période de forte tension.


